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Nicolas BOUZOU & Julia de FUNES : La comédie (in)humaine - Comment les entreprises font fuir les meilleurs

6 Mai 2020 , Rédigé par Bill Publié dans #Essais

J'ai découvert la philosophe Julia de Funès, lors d'un portrait qui lui avait été consacré dans les Chemins de la philosophie. 

Son activité de philosophe de l'entreprise, après un parcours dans une DRH était assez atypique et elle avait piqué mon intérêt. 

J'ai beaucoup apprécié la lecture d'un de ses ouvrages, Développement (im)personnel, en octobre 2019, alors quand j'ai découvert, celui-ci, je n'ai pas hésité une seconde ! 

Nicolas Bouzou et Julia de Funès, nous y décrivent les méfaits du management moderne : autoritarisme, flicage, contrôle des horaires, ans un univers où l'autonomie, l'adhésion aux valeurs de l'entreprise est montée en épingle.

Ils brocardent aussi les pseudos "chartes" d'entreprise où ne figure jamais la seule valeur qui y aurait du sens : le courage !  

Ils brocardent les pseudos séminaires de cohésion, séminaires managériaux où sous couvert de renforcement des équipes (beurk le team-building) on pointe du doigt les vilains petits canards qui refusent les mélanges pro-perso ! 

Bref un excellent ouvrage qui m'a rappelé les pires heures de mon activité professionnelle ...

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Bouche bée, toute ouïe d'Alex Taylor

3 Mai 2020 , Rédigé par Bill Publié dans #Essais

Ouvrage un peu inclassable tout à la fois essai sur les langues et déclaration d'amour aux langues par le plus polyglotte des animateurs jamais rencontré sur des chaînes de télé françaises, et dont je suis aujourd'hui toute publication sur les réseaux sociaux ... 

Dans cet ouvrage, égaré dans mes Billy depuis une quinzaine d'années et que le confinement a très heureusement fait remonter à la surface, Alex Taylor partage ses étonnements sur les aberrations grammaticales du genre des mots aux verbes irréguliers en passant par les déclinaisons et les prépositions aux usages si disparates, et sans oublier l'importance en anglais des articles définis ou indéfinis .

Il partage aussi ces mots qui n'existent que dans une seule langue : 'tendresse' ou 'voilà' si français, ou l'absence de mots qui nous semblent essentiels et qui n'existent pas ailleurs (le mot 'eau' en japonais ou le verbe être qui n'existe ni en mandarin ni en russe, mais a deux acceptions en espagnol !) 

Il évoque également ces expressions imagées qui émaillent les langues et qui sont intraduisibles en l'état ... comment imaginer que 'avoir du monde au balcon' se traduit par 'avoir du bois stocké devant sa cabane' en bavarois ! 

Bref, je me suis régalée et cela m'a donné envie de me replonger dans les ouvrages (plus étymologiques) d'Henriette Walter ... que je sais avoir rangé dans une des Billy ! 

A suivre 

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L'étincelle de Karine REYSSET

2 Mai 2020 , Rédigé par Bill Publié dans #Romans français

Dans ce roman, Karine Reysset nous raconte son été 1993, enfin l'été de Camille, cet été où sa vie a basculé.

Cet été là, Camille est partie en vacances avec Soline, son amie de première année à Dauphine, dans sa maison familiale en Corrèze.

Camille a grandi dans une famille moyenne, père cadre dans une compagnie d'assurances, mal marié à une femme pétrie de certitudes et de rigidité s'ennuyant au foyer. Bonne élève, elle a été meurtrie en échouant au concours d'entrée à Sciences Po, et a satisfait ses parents en s'inscrivant à Dauphine. Elle emprunte chaque jour le RER D de sa grande banlieue aux beaux quartiers ...

Choc des mondes, au hasard de leurs compétences respectives elle a connu Soline et s'en est rapprochée tout au long de l'année scolaire où ses parents se sont finalement séparés.

Les parents de Soline, bobos avant l'heure, accueillent famille et amis, en une grande tribu tous les étés. Camille observe, note, admire avant de saisir toutes les fêlures, les apparences, les masques ...   

Eté d'apprentissages, de réflexion, d'analyse, d'expériences ... 

Le retour à Paris marquera la rupture avec cette année de transition.

Mais alors qu'elle reçoit le faire-part de mariage de Soline, aujourd'hui, tant d'années plus tard, Camille/Karine se souvient de cet été et nous raconte.

Je me suis régalée à la lecture de ce roman, des descriptions d'un été poisseux où les papillons sont près de s'extraire de leurs chrysalides, quand les failles des adultes  ne sont plus masquées par l'adoration portée aux parents, quand on devient soi ... 

A vingt ans d'intervalle, j'ai retrouvé les sensations d'étés des années 70 ... 

J'ai aimé l'écriture de Karine Reysset, redécouverte il y a peu avec La fille sur la photo.

 

 

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La salle de bal de Anna Hope

1 Mai 2020 , Rédigé par Bill Publié dans #Romans anglais ou irlandais

Le mois dernier, je me suis régalée à la lecture de "Nos espérances", le troisième roman d'Anna Hope, et j'ai alors découvert que je n'avais pas encore lu son second roman ! 

J'ai rapidement corrigé cette erreur en le réservant puis en l'empruntant sur les étagères virtuelles de la Bibliothèque numérique de la Ville de Paris.

Entre le premier roman qui se déroulait au lendemain de la première guerre mondiale, et ue troisième, de nos jours, l'intrigue de ce second roman d'Anna Hope est plantée en 1911 dans l'asile psychiatrique de Sharston dans le Yorkshire.

Y arrive Ella, une très jeune femme qui y est envoyée après avoir brisé une vitre de la filature où elle travaillait lors d'une journée torride. Elle espère en sortir rapidement mais pour cela, il ne faut plus faire de vagues ... Elle se lie d'amitié avec Clem, une jeune anorexique adorant les livres que sa famille lui apporte.

Mais le Dr Fuller, jeune et ambitieux (et très tourmenté) réprouve la lecture des jeunes filles ... 

Féru de musique, il l'utilise pour des thérapies, montant un orchestre avec les pensionnaires mâles (bien sûr, les femmes en sont exclues !) et le samedi, un bal est donné dans la somptueuse salle de bal qui a donné son nom au roman.

C'est le seul moment où hommes et femmes sont regroupés. Les hommes travaillent aux champs, les femmes à la laverie, l'asile est auto-suffisant.

Complémentaire du bal des folles de Victoria Mas, on découvre que rien n'a vraiment changé en 30 ans : les femmes 'différentes' peuvent être internées d'office, les hommes mélancoliques - dépressifs - risquent de passer leur vie enfermés ... 

Quant à l'expérimentation de thérapies fumeuses, il faudra attendre encore bien longtemps pour qu'elles deviennent mieux encadrées.

Un roman qui nous immerge dans la condition de ces femmes mais d'une façon que j'ai trouvé un peu superficielle, l'auteur s'attachant davantage à décrire les interactions entre ses personnages principaux.

Un bon roman cependant, qu'il n'est pas facile de poser avant d'en avoir tourné la dernière page ! 

... mais ma préférence va à Nos espérances ... 

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