romans d'amerique du sud
Adios muchachos de Daniel CHAVARRIA
Un roman choisi dans les tréfonds de ma liseuse car il me permettait la validation d'un item ardu de la chasse au trésor estivale du Challenge Mauvais genres.
Contre toute attente, je me suis régalée avec ce petit roman cubain où on suit les aventures de la très belle et sensuelle Alicia, au short échancré qui la dévoile juste un peu plus de ce qu'il faut lorsqu'elle se déplace à vélo.
On la voit attirer des beaux mâles étrangers bien dotés en argent même si bien moins par la nature, mais non, non, elle ne veut pas d'argent, juste un nouveau vélo, téléviseur, téléphone, ... qu'elle ou sa mère s'empresseront de revendre.
Jusqu'au jour où le système évolue ... et devient carrément déjanté.
Un régal !
J'ai fortement apprécié l'évolution du personnage d'Alicia, son opportunisme, sa volonté, et le grand humour de ce roman qui me donne envie de rechercher d'autres ouvrages de cet auteur.
L'autre femme de Mercedes Rosende
A Montevideo, Ursula Lopez est célibataire, traductrice, quadragénaire et obèse.
Elle ne se remet pas du remariage ultra rapide de son père avec sa tante Irene, la sœur de sa mère ! Son père et Irène lui ont toujours reproche sa corpulence, mettant en évidence la sveltesse et l'intelligence de sa sœur , Luz
Lorsqu'Ursula reçoit l'appel d'un ravisseur demandant une rançon pour la libération de son mari, un homme d'affaire enlevé sur la route de l'aéroport d'où il allait s'envoler pour La Paz.
Ursula décide de rencontrer le ravisseur pour en savoir davantage, et, pourquoi pas en tirer bénéfice en contactant "l'autre Ursula Lopez", celle qui est la véritable épouse de l'homme d'affaires
S'ensuit une histoire alambiquée qui m'a un peu ennuyée
Dommage, le pitch tel que l'avait décrit l'auteur au dernier Festival Polars du sud m'avait donné envie !
A suivre, quand même, le second opus des aventures d'Ursula est déjà dans ma liseuse !
Propre de Alia Trabucco Zerán
Dès le début du roman on sait que quelque chose de terrible s'est produit.
Mais avant d'en arriver aux faits, Estela, Es-te-la Gar-cí-a, va retracer son histoire, le récit de sa vie, et de ces années comme domestique au service de cette famille dont l'enfant vient de mourir.
Elle va dérouler les fils de sa vie, avec de multiples retours en arrière chronologiques car chaque fil a son déroulé propre, et il est important de les connaître tous car tous ont leur importance dans la trame d'une vie.
Elle racontera son enfance dans le sud, son départ à Santiago pour mieux gagner sa vie et avoir de quoi acheter une maison à sa mère ou, tout au moins, réparer l'actuelle.
Elle dira les humiliations, le cagibi où elle loge, équipé quand même d'un cabinet de toilette, caché derrière une porte coulissante donnant directement sur la cuisine ; les six uniformes aux faux boutons dont le dernier l'étrangle un peu, l'absence de vie privée.
Elle évoquera l'enfant, cette petite fille dont elle s'est occupée dès sa naissance pour que sa mère puisse reprendre son travail, les difficultés de l'enfant pour manger, ses efforts pour plaire à ses parents malgré ses terreurs, de l'eau notamment ...
La montée en puissance du récit annonce la scène finale, brutale, ...
Et le récit s'achève sans qu'on connaisse l'ultime punition.
Un roman qui m'a tenue en haleine et qui m'a donné envie de lire d'autres ouvrages de l'auteur.
A suivre, donc, quand je les arai trouvés.
La casse d'Eugenia Almeida
Une petite ville d'Argentine.
Des petits trafiquants de drogue ...
Un grand frère très protecteur de son cadet abîmé trop jeune ...
Une casse, plaque tournante d'un trafic de pièces détachées ...
Des policiers qui ferment les yeux pour ménager la paix précaire qui règne entre les gangs ...
Un homme fou amoureux de sa femme qui a patiemment restauré la voiture de ses rêves ...
Une diseuse de bonne (?) aventure ...
Une jeune femme qui retrouve un de ses voisins d'enfance pour un pot dans un café ...
Une voiture volée ...
Une jeune recrue qui fait du zèle ...
Un dépôt de plainte ...
Et tout s'embrase !
Un roman aux chapitres très courts qui contribuent à renforcer le rythme rapide de ce roman à l'écriture vive et acérée.
Une construction itérative qui s'achève en apocalypse.
Une auteur qui confirme sont talent, chacun de ses romans étant tellement différent des précédents mais toujours aussi captivant !
Je remercie NetGalley et les Editions Métailié qui m'ont offert cet ouvrage
#LaCasse #NetGalleyFrance
Portrait huaco de gabriela Wiener
Un arrière-arrière-grand père qui aurait pu découvrir le Machu Picchu, mais qui au hasard de ses voyages andins a pillé de nombreux sites et ramené en Europe les objets 'volés' au point où son nom a été donné à la salle du Musée du Quai Branly qui abrite aujourd'hui ces trésors.
Un père qui a mené une double vie entre femme et maîtresse et leurs enfants respectifs.
Une narratrice mariée à un péruvien ET à une espagnole, polyamoureux dont les vies et les sexes se mélangent.
Une quête d'identité, une recherche de l'ancêtre : y a-t-il eu un seul Charles Wiener qui a créé cette descendance dont les membres sont liés par leur groupe Facebook, où ils échangent tant de leurs nouvelles que des redécouvertes sur la vie du fameux Charles.
D'une statuette huaco où la narratrice croit se reconnaitre, au deuil de son père adoré cette quête identitaire lui fera quitter Madrid pour Lima, entamer d'autres relations pour se retrouver (enfin?)
Comment porter aujourd'hui le nom de cet ancêtre européen quand tout le reste de la lignée est composée de métis péruviens au point où il ne semble plus y a voir de traces de sang blanc dans leurs veines, ni dans la couleur de sa peau qui contraste tant avec celle de son amante ?
Roman ou documentaire, un livre bien troublant que j'ai eu beaucoup de mal à ire et à terminer.
Roman, autofiction ou non fiction, la frontière est ténue ... mais ce roman me confirme, s'il en était besoin, que je supporte de moins en moins le nombrilisme larmoyant des autofictions !
Je remercie NetGalley et les Editions Métailié qui m'on adressé cet ouvrage, suite à ma sollicitation
#Portraithuaco #NetGalleyFrance
Colombian Psycho de Santiago Gamboa
Une scène de sexe torride entre deux jeunes échappés d’une soirée, brutalement interrompue quand une main momifiée sort de terre ….
La terre détrempée par les pluies torrentielles livre les quatre membres d’un inconnu, inconnu des personnes décédées mais …. appartenant à un détenu d’un centre pénitentiaire, ayant miraculeusement survécu à l’amputation chirurgicale mais sauvage de ses quatre membres et de son sexe !
S'ensuit une enquête fouillée menée par un procureur et une journaliste qui s'échangent informations, partagent les rendez vous de témoins, et, sur la base des informations complémentaires ainsi recueillies arriveront à mettre la main sur un réseau obscur de paramilitaires.
Un roman où l'auteur se retrouve parmi les personnages, et où son œuvre donne des pistes aux enquêteurs ...
Un roman où la maison de l'écrivain est celle décrite dans Une maison à Bogotá ...
J'ai apprécié y retrouver Julieta, la journaliste assistée de Johana, une ancienne guerillera des FARC, déjà rencontrées dans 'Des hommes en noir'
Un roman noir, très noir, dont la noirceur est encore renforcée par les pluies torrentielles qui inondent Bogotá en ce début d'automne.
Un auteur qui sait se renouveler à chacun de ses romans ... Et dont je vais continuer à suivre les productions
Je remercie NetGalley et les Editons Métailié qui m'ont offert cet ouvrage
#Colombianpsycho #NetGalleyFrance
La solitude lumineuse de Pablo Neruda
Un challenge de lecture centré sur les auteurs récipiendaires du Prix Nobel de Littérature.
Un challenge de lecture demandant un titre évoquant le solitude ou l'enfermement.
Deux bonnes raisons pour me plonger dans ce titre où Pablo Neruda évoque les années passées en Inde, puis à Ceylan, à Singapour et Batavia où il exerça les fonctions de consul du Chili dans les années 20 du XXème siècle.
Années de découvertes, des senteurs, parfums et plaisirs charnels , de complicité avec une mangouste animal de compagnie, et d'expériences, notamment de l'opium dans une fumerie.
Des textes où l'auteur montre son désir de découverte, de soif de connaître les autochtones et d'expérimenter leur style de vie, de goûter à leur nourriture, visiter leurs maisons ... Au contraire des colons anglais qui ne font que les dominer.
Belle découverte d'un monde et d'un auteur qui me donne envie de lire d'autres de ses œuvres.
A suivre, donc !
Supermarché de José Falero
Dans un supermarché Fix, au cœur d'une des favelas de Porto Allègre, Pedro et son copain Marquès sont affecté au réapprovisionnement des rayons. La fauche y est monnaie courante et leurs menus larcins de sucreries et sodas agrémentent leurs pauses et celles de leurs collègues.
Pedro, pétri de justice et rêvant d'une égale répartition des biens et des richesses, embarque son pote Marquès, dans un trafic mûrement réfléchi : la vente de marijuana aux lycéens er autres gens friqués, après avoir reçu l'accord des deux chefs de gangs spécialisés dans la cocaïne et le crack, peu intéressés par l'herbe qui rapporte peu pour un trop grand volume.
Le supermarché devient ainsi la plaque tournante du trafic, mais pour gagner plus, il faut vendre plus. Pour vendre plus, il faut plus de vendeurs, qu'il faut rémunérer au juste salaire, tout en fidélisant les clients en leur proposant de la marchandise au juste prix ...
Tout une réflexion sur l'économie de marché, le partage des bénéfices, en restant sous le radar des vigiles du magasin, des policiers qui pourraient surprendre les échanges ...
Un roman atypique, avec des personnages plus vrais que nature, un ton ancré dans la rue ...
Je suis ravie de m'être accrochée malgré la logorrhée des premiers chapitres qui me faisait un peu tourner la tête.
Bref José Falero décrit la favela où il a grandi, les copains de son enfance, leurs rêves, sages ou pas et leurs destins ...
Une belle découverte de la rentrée littéraire que je dois aux Éditions Métailié et à NetGalley que je remercie vivement ici de m'avoir permis de lire cet ouvrage avant publication.
#Supermarché #NetGalleyFrance
Notre monde mort de Liliana Colanzi
Un challenge de lecture hebdomadaire qui m'impose de lire un livre d'un auteur dont le pays se termine par 'IE'.
Une envie de reprendre le challenge globe -trotter ...
Et au final une déception avec ce recueil de nouvelles d'une auteur bolivienne dont le thème est la mort !
La mort sous toutes ses formes !
De la jungle des indiens expropriés, à un voyage à Paris où sévit un tueur cannibale, en passant par un jeune serial-kiler qui tue tout ce qui le dérange, en passant par la mort d'un élève qui ne trouble pas plus que ça ses camarades ...
Un recueil heureusement très court qui me laisse cependant une profonde impression de malaise !
Bref, un auteur que je ne sui pas prête de relire !
Une maison à Bogota de Santiago Gamboa
Lorsque la maison dont il rêve depuis son enfance se retrouve en vente, le narrateur s'enquiert du prix mais n'a pas les moyens de l'acheter ...
Devenu lauréat d'un prix littéraire, et disposant enfin des ressources suffisantes pour l'acheter et la rénover, il l'achète et s'y installe avec sa tante, qui l'a élevée après le décès de ses parents dans l'incendie de leurs maisons dans ce même quartier.
Sa tante lui a offert une vie de voyages dans le monde entier où elle a côtoyé des personnages en vue sur tous les continents, des révolutionnaires cubains à d'éminents soviétiques, d'écrivains exilés à Paris à des membres des FARC ...
Au fil de son installation dans cette maison, en nous promenant de pièces en pièces, au fil des objets entreposés ou exhibés, l'auteur va nous raconter sa vie, celle de sa tante, celle de son pays .
Un roman où on s'enlise peu à peu dans les souvenirs comme dans la torpeur qui étouffe la ville de Bogota ...
Un héros qui d'un premier abord sympathique, m'a peu à peu lassée par ses descriptions autocentrées, ses rêves de grandeurs, sa nostalgie du passé et ses quelques digressions de bouges érotiques alcoolisés.
Un roman inégal où je e suis un peu engluée et que j'ai traîné à terminer.
Dommage.
Je remercie NetGalley et les Editions Métailié pour m'avoir fait parvenir ce roman.
#UnemaisonàBogotá #NetGalleyFrance