romans espagnols ou portugais
Le réseau pourpre de Carmen Mola
Mon challenge de lectures hebdomadaire qui demande un roman écrit sous pseudonyme ...
Le choix était facile : Carmen Mola est le pseudonyme de 3 auteurs espagnols !
J'y ai retrouvé l'inspectrice Elena Bianco, toujours à la recherche de son fils enlevé il y a huit ans déjà.
Au début de ce deuxième opus de ses enquêtes, elle fait irruption dans la chambre d'un ado dont l'ordinateur vient de se connecter à ce fameux réseau, où on voit (après paiement d'une somme conséquente) des ados se battre à mort ou mettre à mort d'autres enfants !
S'en suit une enquête complexe mettant en jeu toutes les ressources de leur Brigade d'Analyse des Cas, "aidés" par les indices semés un après l'autre par un suspect appréhendé peu de temps après le flag chez l'ado.
Un roman assez oppressant, à l'ambiance lourde et poisseuse, qui doit beaucoup à l'obstination d'une mère qui aime son fils quoi qu'il puisse faire
Jr ne sais pas comment les auteurs vont rebondir après le final de celui ci ...
Mais je vais attendre un peu avant de m'y plonger !
En attendant le déluge de Dolores Redondo
Je viens de me régaler avec ce roman qui traîne dans ma liseuse depuis sa sortie, il y a deux ans, et que j'y avais oublié, mais que je viens d'exhumer grâce au challenge Globe Trotter qui appelait ce mois ci un auteur à la nationalité commençant par E.
Roman qui commence étonnamment à Glasgow en 1983, où Noah Scott Sherrington, un jeune policier est fasciné par 'Bible John', un tueur en série qui a tué plusieurs jeunes filles à la fin des années 60 et n'a jamais été démasqué ni identifié. Il s'est replongé dans les archives, a recoupé des indices et s'est imprégné du portrait robot.
Par un soir de tempête, il est intrigué par le comportement étrange d'un automobiliste qu'il décide de suivre.
Dans les lueurs des éclairs qui zèbrent la nuit, sur les rives du sinistre Loch Katrine, il arrive à ouvrir le coffre de la voiture de son suspect et à y découvrir un corps sous une couverture, pendant que son suspect creuse avec une pelle dans la lueur des phares. Une crise cardiaque va laisser Scott pour mort quand les rives du loch s'ouvrent sous la pluie diluvienne laissant apparaître les spectres des disparues.
Miraculeusement sauvé par des chasseurs et des pompiers, Scott va découvrir qu'il est condamné à très brève échéance, sa cardiopathie ne connaissant pas de traitement.
Mis en vacance de la police de Glasgow, il va se lancer à la poursuite de son suspect qui semble s'être volatilisé ...
Sa quête le conduira à Bilbao dans la semaine des fêtes patronales de l’Aste Nagusia où des jeunes femmes sont assassinées à la sortie de discothèques.
Scott, se faisant passer pour un recruteur de foot britannique va se glisser dans les bas-fonds de la ville, aidé d'un membres de la police basque et d'un jeune livreur, il ira de bar en bar avec des membres de l'IRA venus s'approvisionner chez l'ETA
Son flair de limier intact, il repérera l'autre acheteur de journaux écossais, le suivra, l'épiera ... et par une nuit là aussi diluvienne, sa maladie le rattrapera ...
Un roman qui se construit progressivement et qui devient de plus en plus passionnant au fur et à lesure de son avancement et qui m'a laissé un peu orpheline lorsque j'en ai tourné la dernière page.
Un roman où j'ai retrouvé l'ambiance des romans de Ian Rankin (tiens un auteur à retrouver !) et où Dolores Redondo montre qu'elle a su se renouveler.
Son nouveau roman viens de sortir ... je n'attendrai probablement pas deux ans avant de m'y plonger !
Louve noire de Juan GÓMEZ-JURADO
J'avais beaucoup apprécié 'Reine rouge', téléchargé les autres romans de Juan Gomez-Jurado dans la foulée, mais il a fallu attendre qu'un de mes challenges de lecture demande un livre d'un auteur dont la nationalité commence par la lettre E pour que je me plonge enfin dans ce second opus.
J'ai retrouvé avec plaisir Jon Gutiérrez et Antonia Scott qui cette fois sont envoyés par Mentor à Malaga pour assister la police locale dans l'enquête sur l'assassinat d'un mafieux russe, et surtout sur la disparition de sa femme soupçonnée d'en savoir beaucoup sur les réseaux de blanchiment.
Une enquête tortueuse, où les fausses pistes se multiplient dans un rythme effréné ( à quand les films ?)
Des personnages attachants, un suspense distillé habilement et suffisamment d'indices alélchants vont me faire me plonger rapidement dans la suite.
A suivre, donc, bientôt !
Aquitania d'Eva GARCIA SAENZ de URTURI
1137, le Duc d'Aquitaine est retrouvé mort à Compostelle.
Son frère Ray et sa fille Aliénor soupçonnent le roi de France et ses sbires coupables tant ils convoitent les richesses de sa région.
Aliénor, grande stratège malgré sont très jeune âge, élabore un faux testament qui lui conserve l'Aquitaine même lorsqu'elle se mariera, son époux ne pouvant être que duc consort !
Son objectif : épouser le futur roi de France et miner les Capétiens de l'intérieur, tout en recherchant l'assassin de son père ...
Dans un roman passionnant, une écriture vive nous entraîne dans le sillage d'Aliénor à la rencontre des grands de la France du XIIème siècle, entre révoltes bourguignonnes, prospérité aquitaine, prêches de Bernard de Clairvaux conduisant à la Deuxième Croisade, mais surtout conseils de l'Abbé Suger si attaché à la construction et à l'embellissement de la Basilique de Saint-Denis.
Un beau roman, une belle plume que je vais m'empresser de retrouver dans ses autres romans qui m'attendent dans ma liseuse !
Le terroriste joyeux suivi de Le virus de l’écriture de Rui Zink
Un titre qui donnait envie ...
Une maison d'édition que j'aime beaucoup ...
Et un court roman qui me laisse très perplexe !
Deux personnages, un passager, fraîchement débarqué d'un avion en possession d'une bombe artisanale et un policier qui l'interroge.
Le premier prétend transporter un objet à la demande de son cousin, le second veut savoir pourquoi il a cette bombe et où il doit la déposer.
Dans un dialogue de sourds mêlant dénégations et torture, ils en viennent à parler du sens de la vie, des moyens de torture les mois désagréables, de leurs avenirs ...
Et au bout du compte, ils ne sont plus que deux hommes dépouillés de leurs fonctions
Ce roman est suivi d'un essai sur les affres, le besoin de l'écriture, un virus qui gagne peu à peu l'ensemble de l'humanité et qui aboutit à un monde d'écrivains, dépourvu de lecteurs !
Perplexe, totalement perplexe !
Les femmes de La Principal de Lluis Llach
La Principal, c'est une exploitation viticole catalane exploitée par des femmes, toutes prénommées Maria, depuis la fin du XIXème siècle, quand l'ancêtre a légué tous ses biens à sa fille cadette, ses fils ayant bénéficié par ailleurs d'une éducation leur permettant de bien gagner leur vie.
Malgré l'opposition de ses frères, appuyée par une équipe loyale, Maria fera fructifier l'exploitation, après avoir arraché tous les plants victimes du phylloxéra..
Plus tard, la 'Vieille' et sa fille seront confrontées à un épisode difficile, un ancien contremaître a été assassiné et son corps déposé devant la maison.
Le roman est le récit de l'enquête, rédigé sous formes de flashes back, et d'un continuum du récit au travers des amours des trois générations des patronnes de La Principal tout au long d'un vingtième siècle espagnol.
Un récit attachant, complexe, nourri d'une écriture riche, qui utilise des mots du parler local pour bien s'ancre dans la vie de ces femmes et de celles qui les servent au plus près, sans trop s'attarder sur la vie de l'exploitation viticole.
Un auteur que je découvre.
Une belle lecture.
Un conte parfait d'Elisabeth Benavent
Margot, une riche héritière madrilène, s'occupe de la communication du groupe d'hôtellerie de luxe familial, et file le parfait amour avec Filippo, son prince charmant italien, attentionné, amoureux dont elle partage la vie depuis plusieurs années.
Au jour de leur mariage, où elle a judicieusement enfilé une paire de tennis sous sa robe griffée, elle pique un sprint et s'échappe au moment où les (trop) nombreux invités l'attendent approcher de l'autel !
Crise de panique ?
Moment de réflexion (bon d'accord un peu tardif)
Filippo, gentilhomme, lui propose de faire une pause le temps de l'été , sans se contacter de vive voix, juste par message, histoire de bien peser la décision finale.
Margot accepte et lors d'une soirée avec ses sœurs dans un bar où elle est certaine que personne ne les reconnaitra, elle fait la connaissance de David, qui jongle avec trois jobs pour joindre les deux bouts, squatte le canapé d'un copain en échange de baby-sitting et a 5 ans de moins qu'elle !
Sans trop réfléchir , elle l'invite à partir en vacances en Grèce ....
Conte de fées pour lui, mois de réflexion et de remise à plat de ce qu'elle ait, de ce qu'elle aime, sans pression des parents, de ses sœurs de ses 'amies', véritable introspection ... et au retour ...
Un roman plaisant, bien moins nunuche que j'imaginais avec de belles descriptions tant de MAdrid que de la Grèce.
Pas un chef d'œuvre, mais un bon moment de lecture.
Je remercie NetGalley et les Editions L'Archipel qui m'ont offerty cet ouvrage
#Unconteparfait #NetGalleyFrance
Reine rouge de Juan Gomez-Jurado
Un roman qui commence presque de façon classique avec la mise à pied de l'inspecteur Jon Gutiérrez de la police de Bilbao, qui s'est malencontreusement fait filmer alors qu'il glissait de la drogue dans la voiture du dealer et frappeur de femmes qu'il voulait coincer !
Appelé à Madrid par un mystérieux correspondant, il va devoir faire équipe avec Antonia Scott, génie de la déduction mais qui se terre depuis que son mari est dans le coma.
Ensemble, et en marge des services de police officiels, ils vont devoir retrouver des victimes d'enlèvement, proches de très hauts responsables de l'économie espagnole.
Le rythme rapide, précis et la qualité de l'écriture sont mis au service d'un récit qui voit nos deux héros deviner les actions du kidnappeur avec juste un petit temps de retard, mais quasiment toujours en avance de la police.
Les quelques flash back nécessaires ne nuisent pas à la rapidité du récit, composé de courts chapitres nerveux et efficaces.
Une course poursuite gonflée à l'adrénaline dans le premier tiers s'oppose à une exploration très lente d'égouts piégés dans le dernier quart, deux scènes à la qualité cinématographique ...
Le roman suivant de cette série m'attend déjà dans ma liseuse ; le troisième sort le mois prochain !
A suivre donc bientôt .... mais j'aimerais bien aussi le voir adapté en série :)
La valse des tulipes d'Ibon Martin
L'estuaire d’Urdaibai, réserve de biosphère du Pays basque, à mi chemin entre San Sebastian et Bilbao est une région sauvage et méconnue, battue par les courants, et notamment le Cantabrique pourvoyeur de rouleaux appréciés des surfeurs.
Ane Cestero, une jeune inspectrice volontaire, tatouée, aux nombreux piercings, férue de mythologie celte vient d'être nommée à la tête d'une unité spéciale en charge d'élucider des homicides notoires.
Et quoi de mieux pour commencer que le cas d'une journaliste star de la radio locale, attachée sur une chaise sur les voies de la ligne ferroviaire où le train conduit par son mari va la percuter. Quelques minutes avant le choc, la scène est retransmise en direct sur Facebook. Dans les mains de la journaliste, un bouquet de tulipes pourpres. Collé !
Le ton est donné.
L'équipe de choc a un démarrage rugueux, d'anciens liens amoureux reliant les protagonistes.
Le roman démarre sur les chapeaux de roues et fait la part belle aux fausses pistes, qui permettront notamment l'arrestation d'un gang local, qui feront découvrir l'abandon de ces communautés frappées de plein fouet par la raréfaction des ressources marine, poissons et coquillages, et la fermeture des usines.
Un roman qui dévoile le rôle peu reluisant de l'église espagnole, à l'instar de l'irlandaise, dans le traitement des filles perdues dans les années 70.
Une écriture rapide, soignée, précise, des personnages très attachants, une équipe de flic de choc menée par deux personnages féminins hauts en couleur.
Un auteur que je découvre et dont il me tarde de voir les autres productions traduites en français ...
A suivre donc, ... j'espère bientôt !
La fiancée gitane de Carmen Mola
Le roman commence par l'enterrement de vie de jeune fille de Susanna, jeune fille semi gitane, dont la sœur aînée a été torturée à mort quelques années auparavant.
Presque rentrée chez elle, Susanna est enlevée, avant d'être découverte deux jours plus tard, le cerveau dévoré par des asticots.
La Brigade d'Analyse des Cas, sous la houlette de l'inspectrice Blanco, s'empare de l'enquête qui les conduira à revoir l'enquête initiale doutant de sa bonne résolution.
Une enquête qui mêle culpabilité, rapports troubles entre gitans et gadjos, l'enfer d'une mère dont on a enlevé le fils ...
Un rythme rapide et pressé servi par une écriture (traduction) précise, factuelle, mais sachant apporter des touches de tendresse et d'humanité.
Un premier roman d'une romancière inconnue dont l'identité sera révélée après le troisième opus !
Je suis certaine de me ponger bientôt dans le second opus ... tant j'ai déjà envie de retrouver cette BAC madrilène !