romans italiens
L’automne du commissaire Ricciardi de Maurizio de GIOVANNI
Où j'ai retrouvé avec plaisir le commissaire Ricciardi, pour une nouvelle saison et une nouvelle enquête qui se déroule en novembre 1931 (an IX Mussolinien !).
Un jeune garçon est retrouvé un petit matin mort dans le renfoncement d'un escalier, sous la pluie et la garde d'un chien qui grogne.
Qui était donc ce petit malingre, dénutri, portant des marques de coups.
Sans que rien ne le justifie, Ricciardi demande à son ami Moro, le légiste d e l'hôpital d'autopsier ce tout petit corps.
Moro détectera des traces de strychnine, enfin de mort-au-rats.
De proche en proche, les recherches de Ricciardi l'orienteront vers le curé de la paroisse qui hébergeait Tette avec d'autres enfants, placés en apprentissage chez des colporteurs ou artisans, vers le colporteur qui employait Tette, les dames de charité qui leur organisaient des leçons et des petits goûters, ... en multipliant les fausses pistes et les réflexions sur la situation économique de Naples.
En parallèle, on suit les manigances des trois femmes de la vie de Ricciardi, sa nourrice la bonne rosa, la douce Enrica et la flamboyante Livia ...
Une série passionnante et douce-amère
A suivre, très bientôt avec une nouvelle saison
Ceci n’est pas une chanson d’amour d'Alessandro ROBECCHI
Roman italien que j'ai choisi pour son titre qui me permettait de valider le dernier item d bingo estival du challenge Mauvais genres, et qui a failli me perdre tant l'histoire était (du moins au début) confuse, alambiquée, aux personnages mal différentiables ...
Carlo Monterossi, passionné de Bob Dylan, auteur d’une émission de télé tendance trash, échappe de peu à une tentative d’homicide. Le lendemain matin, il retrouve sous un meuble un récipient de type ECBU, dans lequel se trouve l'index de Marino Righi, récemment trucidé, dans l'anus de qui fut retrouvé l'index de Lodovica Repici.
Pas besoin de chercher bien loin où ses assassins allaient introduire l'index de Marino Righi.
En colère contre la police et notamment la scientifique qui n'a pas bien fouillé son appartement, Monterossi fait appel à sa geek préféré, pour mener une enquête parallèle et découvrir 1/ ses assassins potentiels et 2/ le mobile car il n'avait jamais entendu parler des deux morts à qui il semblait avoir été lié !
Sur fond de groupes néo-nazis, de délit de fuite, de gitans cherchant à venger les leurs, des assassins aux bras cassés, l'auteur nous entraîne dans les bas-fonds milanais, bien loin des boutiques de luxe qui ont lat la notoriété de la cité du nord.
Bref, le roman s'améliorait vers la fin, mais ne m'a pas vraiment convaincue.
Dommage !
Les yeux fermés de Gianrico Carofiglio
J'ai retrouvé avec plaisir Guido Guerrieri, avocat à Bari, le héros récurrent des polars de Gianrico Carofiglio que je n'avais as lu depuis un moment alors que j'aime bien ...
Il voit un jour débarquer dans son bureau l'inspecteur Tancredi, accompagné sœur Claudia, directrice d'un foyer d'accueil pour femmes battues, et accessoirement professeur de boxe chinoise.
Tous deux demandent à Guido de se constituer partie civile pour une jeune femme harcelée et frappée par son ex-compagnon, fils d'un puissant magistrat.
D'autres avant lui ont refusé, craignant pour leur carrière et leur avenir, mais Guido se laisse convaincre et résiste jusqu'au bout aux pressions, dépositions théoriques d'experts psychiatres et autres menaces ...
En parallèle, de courts chapitres en italique décrivent le calvaire d'une trop jeune fille violée par son père dans le silence familial.
Un roman noir empli cependant d'espoir et d'humanité qui m'a donné envie de rechercher ceux des romans de l'auteur que je n'ai pas encore lus !
L’été du commissaire Ricciardi de Maurizio de Giovanni
Où j'ai retrouvé avec plaisir le commissaire Ricciardi, pour une nouvelle saison et une nouvelle enquête.
Une duchesse est retrouvée assassinée dans un palais où vivent séparément le duc, son fils et cette nouvelle épouse qui se moque bien des deux autres préférant sortir, flirter et échapper à l'ambiance calfeutrée d'un autre âge et à la chambre où s'éteint doucement ce mari si mal assorti.
les soupçons se porteront tour à tour sur l'amant jaloux, qui plus est journaliste, son épouse, jusqu'à la conclusion inattendue.
Un opus où le poids du parti fasciste se fait grandissant, et ses menaces plus précises, où les amours timides du commissaire se pimentent avec le retour à NAples de la veuve du ténor assassiné à l'hiver.
Un volume qui donne envie de poursuivre la lecture de ces enquêtes, pour replonger dans l'ambiance napolitaine, se promener dans la vilel au gré des entretiens menés par le duo d'enquêteurs ...
Bref, à suivre !
Le chant des innocents de Piergiorgio Pulixi
J'ai découvert Piergiorgio Pulixi en 2022, avec son second roman traduit en français, L'illusion du mal, puis, l'année suivante, avec celui que je pensais être le premier, L'île des âmes.
Mais en fait, non !
Le tout premier, c'est Le chant des innocents, traduit en français en 2024 et que je viens de lire d'une traite.
On y retrouve Vito Strega, en congé de la police le temps de son évaluation psychologique après qu'il a abattu son coéquipier, et Mara RaIS, la policière sarde déjà rencontrée lors des épisodes suivants.
Une vague de meurtres commis par des adolescents, collégiens sans histoires, qui se sont déchaînés sur leurs victimes : une rivale amoureuse, un harceleur, un père, ... impose à MAria de contacter Vito dont les talents de profileurs ne sont plus à démontrer.
S'ensuit une enquête officielle qui stagne, change de compétence - des carabiniers romains sont appelés à la rescousse - et Vito qui mène la sienne en catimini
Alors que sa vie personnelle est en plein chaos, il découvrira enfin le lien entre les victimes et contribuera à la résolution de l'enquête.
Un roman bien écrit, même si on sent que l'auteur n'a pas encore atteint la plénitude de son talent !
Je ne tarderai pas à me plonger dans le quatrième opus ... d'autant plus que le cinquième vient de paraître et est déjà dans ma liseuse !
Fille de cendre d'Ilaria Tuti
Où j'ai retrouvé avec un grand plaisir Teresa Battaglia et son équipe pour une ultime enquête qu la remet face à face avec son premier serial killer, celui qu'elle avait démasqué en début de carrière et qui a aujourd'hui des messages à lui transmettre sur une enquête encours.
Le récit mêle histoire antique à l'époque où le christianisme voulait anéantir les autres religions, découvertes archéologiques, passé douloureux de Teresa et lutte contre la maladie d'Alzheimer qui lui grignote peu à peu son esprit.
Dans ce quatrième opus, son adjoint et ami, l'inspecteur Massimo Marini découvrira enfin les difficultés qu'elle a rencontré pour devenir commissaire, le sexisme, machisme au travail et son époux violent qui combinés ont rendu ses premières années si difficiles.
Les enquêtes de Teresa et Massimo, ont, au fil des quatre volumes, frôlé les lisières du paranormal, des secrets enfouis, de l'influence du passé sur le présent, celui-ci, vraisemblablement le dernier, vu l'état de la commissaire y apporte une belle conclusion.
Ces personnages vont me manquer ...
mais pas l'auteur, dont les derniers opus sont déjà dans ma liseuse !
Le printemps du commissaire Ricciardi de Maurizio de Giovanni
Naples, 1931, le commissaire Ricciardi, tout encore auréolé des lauriers récoltés lors de l'élucidation de l'affaire du ténor assassiné, apprécie de sentir l'arrivée du printemps.
Un frémissement dans l'air, le chant des oiseaux, des effluves maris qui vont chasser les miasmes de la ville basse ... Bref, le renouveau !
Deux affaires vont solliciter son attention : la plus sordide : une vieille sorcière / cartomancienne a été retrouvée brutalement assassinée, elle recevait de nombreuses visites, tant de gens ordinaires que de dames de la haute venant conforter leurs envies et laisser guider leur choix ... Mais la vieille était aussi usurière.
Autre affaire ; Qui a bien pu défigurer Filomena la belle employée d'un marchand de tissu ?
Maione le fidèle adjoint de Ricciardi traîne sa tristesse d'avoir perdu son fils, mais aussi son épouse qui s'est renfermée après la mort de leur aîné.
Ricciardi est éperdument amoureux de cette jeune voisine qu'il observe chaque soir : elle brode dans sa chambre, et lui la regarde depuis la sienne de l'autre côté de la ruelle. Mais aucun des deux ne semble avoir le courage de faire le premier pas vers l'autre ...
Un interrogatoire minutieux des clients de la cartomancienne / usurière, un coup de théâtre final et l'assassin sera révélé !
Un roman passionnant, aux nombreux registres de lecture, qui me donne envie de me plonger rapidement dans une troisième saison !
A suivre donc !
L’heure des prédateurs de Giuliano da EMPOLI
Un essai qui fait froid dans le dos !
L'auteur est un ancien conseiller politique de Matteo Renzi, maire de Florence puis
Premier Ministre italien.
Dans 'Les ingénieurs du chaos', il montrait les méthodes utilisées par les populistes de tous bords et de tous pays pour accéder au pouvoir, ici ce sont les nouveaux dirigeants mondiaux dont il dissèque le comportement !
A l'imitation d'un scribe aztèque, de la Cour de Moctezuma, décrivant l'arrivée des armées de Cortèz, Giuliano da Empoli nous décrit la prise de pouvoir du Prince saoudien MBS, il nous montre la façon dont se font et défont les alliances onusiennes, les méthodes improbables du Président salvadorien.
Bref, un essai à lire absolument, qui fait peur en montrant l'envers du décor mais parfois aussi sourire notamment lorsqu'il raconte deux séjours rapprochés de Matteo Renzi aux Etats Unis !
Piste noire d'Antonio Manzini
Un roman qui traîne depuis 7 ans dans une de mes liseuses ...
Un roman hivernal, et montagnard, pas forcément dans mes zones de prédilection ...
Mais je m'y suis finalement plongée et j'ai découvert une belle pépite !
Le commissaire Rocco Schiavone, romain jusqu’au bout des ongles, vient d'être muté dans le Val d'Aoste !
En montagne, là où ses chaussures préférées , des Clarks, fondent au contact de la neige, et où il est obligé d'acheter des chaussures adaptées, une horreur ... mais qui lui évitent de geler sur pied !
Comble de malchance, un dameur qui rentrait au village par un raccourci à travers bois a 'roulé' sur un cadavre, enfin un corps dont on ne sait pas vraiment s'il était déjà mort quand il a été damé façon puzzle !
Bref l'enquête trouble mettra à jour non seulement les ressorts intimes du décédé, mais aussi la fourberie du commissaire dont on imagine bien que sa mutation n'était pas une promotion !
J'ai rapidement téléchargé d'autres romans de l'auteur pour en apprendre davantage sur Rocco Schiavone, dont Piste noire était la première enquête parue.
A suivre donc !
Mort en pleine mer d'Andrea Camilleri
Mon challenge de lecture hebdomadaire me demandait de lire un livre se passant dans une île !
Après quelques instants de réflexion, d'hésitations - la Bretagne, la Corse, la Suède ... la réponse était évidente, je devais partir retrouver Salvo Montalbano en Sicile, surtout que cela fait déjà un peu plus de trois ans que je n'en ai pas lu alors que j'aime tant le style de l'auteur, les personnages si attachants et les enquêtes pleines de bon sens !
J'ai donc retrouvé avec un grand plaisir la prose d'Andrea Camilleri si bien traduite par Serge Quadruppani, qui explique, dans la préface, la façon dont il s'est approprié la langue de l'auteur pour la traduire de la meilleure façon possible même si cela fut au détriment de la langue française 'correcte'.
Ainsi on retrouve dans la traduction, des mots occitans qui traduisent des équivalents siciliens, mais aussi des tournures de phrases, inversions du verbe et du sujet 'Montalbano sono' / 'Montalbano je suis'.
Les six enquêtes réunies dans cet ouvrage datent de 1981 (l'une se déroule au moment où Mehmet Ali Ağca a tiré sur Jean Paul II), et montrent toute l'humanité de Salvo dans ses relations avec les malfrats qu'il remet ou pas à la justice, l'énervement qu'il contient quand Catarella écorche le nom des visiteurs, ou le soin qu'il met à découvrir les coupables lorsqu'il estime le crime odieux.
Bref, beaucoup de tendresse, de gourmandise, de plats partagés ...
Une lecture qui me donne envie de ne plus trop tarder à me plonger dans un livre du regretté Andrea Camilleri !